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Une
présentation de ma démarche :
Ne vous demandez pas ce que l’artiste
a voulu faire. Soyez à l’écoute de ce que vous ressentez.
Ma démarche n’est pas intellectuelle : elle évolue
dans le monde des sens. Peut-être quelque chose remuera-t-il à
l’intérieur de vous ? Si une œuvre vous parle,
elle vous parle de vous.
Quand je peins, je mets des couleurs sur un fond plat, c’est tout.
Des couleurs et des textures en mouvement avec la recherche d’un
équilibre dynamique. Je travaille surtout avec les mains à
même la toile (de moins en moins de pinceaux), afin que l’énergie
se transmette plus directement. Quand ça fonctionne bien, ça
part de ce que les Chinois appellent le Chi ou Ki (comme dans Aïkido) :
le centre d’énergie vitale, situé vers le ventre.
Quand ça fonctionne bien, je ne cherche pas à faire :
je fais, c’est tout. En Chinois, Wu Weï veut dire ‘non-action’
ou plutôt ‘le juste nécessaire pour’. C’est
un centrage sur soi et un travail de simplification : aller vers
l’essence.
Je travaille à plat au sol et je tourne autour de la toile. Au
fil des années, les différentes techniques que j’ai
développées commencent à être fiables et me
facilitent la tâche. C’est une recherche d’alchimie
au service de l’invisible, pour faire sortir des choses du chaos.
C’est un chemin d’équilibre perpétuellement
instable.
Beaucoup de gens ont envie de reconnaître dans mes œuvres quelque
chose de ce monde visible, souvent des paysages. Si c’est votre
cas, c’est simplement que vous vous appropriez le tableau ;
vous le recomposez. Je le répète : si ça vous
parle, ça vous parle de vous. C’est votre vécu que
ces miroirs d’ailleurs
réfléchissent.
Les titres ? Avant, je donnais comme titre le nom de l’œuvre
musicale écoutée en boucle pendant le travail. Maintenant,
ils ne veulent rien dire : ce sont soit des noms de peintres traditionnels
chinois, soit des sonorités rapportées de voyages en Inde.
Finalement, c’est la même chose pour mes tableaux ou mes tridis :
ils ne veulent rien dire. S’ils disent, ils disent. C’est
tout.
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